Oxmo Puccino :"Le droit de chanter, c'est le droit de lutter"|France Culture - STEREOCAP

Oxmo Puccino :”Le droit de chanter, c’est le droit de lutter”|France Culture

Après vingt ans de carrière, le rappeur revient avec un septième album “La Nuit du Réveil”. Durant une heure, il nous parle de son public, de fidélité, d’histoire et de transmission, mais aussi de la force des mots et de leurs conséquences.

Fruit du travail de toute une vie, Le dernier album d’Oxmo Puccino est un disque lucide, qui frappe doucement là où ça fait mal, donc là où cela fait sens. La nuit du réveil est sorti le 6 septembre chez Believe et le rappeur se prépare à une tournée de concerts dans toute la France jusqu’en décembre 2019. 

Extraits de l’entretien:

“Mon public est cool, patient et humain, un public qui n’oublie pas, composé de gens qui réfléchissent beaucoup quel que soit leur âge. Je suis toujours à la découverte de personnes sur qui rebondissent mes propos, et je suis souvent le premier surpris. C’est une rencontre qui se passe de mots, mais où tout est dit. Ça fait un certain temps que je tourne et c’est un public que je retrouve. Certaines personnes sont passées du statut d’adolescents à celui de parents et aujourd’hui, elles viennent à mes concerts en famille : c’est un voyage qui s’effectue sur de longues années, c’est pour cela que je dis que mon public est patient et fidèle. La fidélité ça peut paraître long pour certaine personne, mais pour moi, c’est un laps de temps.”

“Notre époque provoque des coupures qui font qu’on pense que tout est arrivé du jour au lendemain, mais pour comprendre une situation, il faut savoir ce qui s’est passé avant. Aujourd’hui, une histoire s’est tracée et il faut la commencer à ses débuts, dans les années 80-90. Il s’est passé assez de temps pour éprouver de la nostalgie, les protagonistes sont assez vieux pour la raconter avec détachement, mais toujours avec passion pour pouvoir concerner les plus jeunes et continuer la transmission. Il faut transmettre le goût de la rencontre, de l’humanité, de la découverte et de l’étrangeté. Il faut également donner le goût de la personnalité et de l’identité, de la compétition positive et du collectif.”

“Je cherche tant qu’il y a des portes à ouvrir. Je me vois un peu comme le maître des clés dans son petit atelier, entouré de gens qui ont de grandes portes à ouvrir mais qui n’en ont pas les clés. Moi, je les fabrique et je les accroche devant moi avec plaisir, parce que chaque clé est unique et ouvre une autre porte que j’ai trouvée. C’est comme ça que je m’imagine, chaque porte ouverte n’est qu’une nouvelle entrée, mais l’important, c’est celles qui restent à ouvrir.”

“Je suis quelqu’un d’une nature assez discrète et silencieuse et je n’ai pas tout de suite pensé aux mots pour régler les choses, parce que j’avais l’impression que personne n’écoutait, ce qui était le cas.  Il m’a fallu un certain temps pour comprendre que ce n’était qu’une question de formule et de tonalité pour tout supplanter. Je me suis tu pendant très longtemps, et aujourd’hui encore je ne parle qu’à moitié, parce que je connais la force des mots, leurs conséquences et leur poids. L’autre n’est pas toujours apte à les recevoir. Moi, je les économise, je les utilise à bon escient et j’ai toujours à apprendre de leur effet, et encore maintenant, je suis dépassé par les mots, même les miens. “

“On a passé du temps à traduire la musique, comme on consomme la vie aujourd’hui. Comme en cuisine, en musique tout s’est allégé et épuré sans perdre son sens, en ne gardant que le noyau, et j’ai travaillé la musique de cette manière-là : quelque part, plus il y a de silence, plus on entend la musique.”

ALBUM LA NUIT DU REVEIL EN ECOUTE —-> ICI

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