Julien Clerc - Terrien (Album) - MIZIKOOS
Julien Clerc - Comment tu vas ?

Julien Clerc – Terrien (Album)

« Terrien » de Julien Clerc, un nouvel album humaniste et réconfortant.

Les pieds sur terre, la tête dans les étoiles, Julien Clerc réunit autour de lui la fine fleur de la chanson française. Clara Luciani, Jeanne Cherhal ou Bernard Lavilliers ont écrit les paroles de son album « Terrien », dévoilé vendredi 12 février.

Terrien, le 26e album studio de Julien Clerc est l’un de ses disques les plus ouverts. À croire que contre les contraintes, contre le confinement, les artistes puisent dans leurs ressources pour rassembler et consoler, faire rêver et voyager en chansons. « Emmène-moi/Embrasse-moi à l’ombre des pommiers/Ce sera dimanche tous les jours de l’année/Et tu seras/Mon refuge où que nous allions… », chante-t-il, la voix toujours claire. Les mots sont de Clara Luciani, 28 ans, la mélodie chaloupée de Julien Clerc, 73 ans, et cette chanson d’amour, Mon refuge, laisse espérer une accalmie à la dureté des temps.

« Le Brexit, le Covid… je suis rentré de Londres »

Cet album rassembleur, Julien Clerc l’a composé seul, en confinement chez les parents de sa femme, la romancière Hélène Grémillon, après que le couple et leur jeune fils sont revenus du Royaume-Uni où ils vivaient. « Le Brexit, le Covid… je suis rentré de Londres avec ma famille et j’ai travaillé au calme dans ma chambre. Je pensais que ce serait difficile de garder le casque en jouant fort au piano, mais ça va, développe-t-il. On compose de toute façon dans une bulle, c’est un travail plus ou moins confiné. Sauf que quand ça a été fini je n’ai pas pu sortir… »

Mélodiste hors pair, Julien Clerc travaille toujours selon la même méthode, sollicitant des paroliers dont il met les mots en musique. « Je dépends de la qualité des textes des auteurs pour composer ensuite mes mélodies au piano, comme Elton John. J’ai une grande dépendance au texte. » Onze paroliers qui, générations confondues, disent avec sensibilité le monde d’aujourd’hui, succèdent sur Terrien à Étienne Roda-Gil et Jean-Loup Dabadie. Au niveau d’exigence et de fulgurance de ces auteurs aujourd’hui disparus se hisse Jeanne Cherhal avec La jeune fille en feu.

« Combien de filles en flammes/Brûlées adolescentes/Sont devenues des femmes vacillantes… », chante Julien Clerc et sa voix se fait grave et ardente pour évoquer les tourments des victimes d’abus sexuels. « Jeanne Cherhal a écrit une chanson forte et délicate avec des phrases extraordinaires. Dire en si peu de mots, si bien choisis, ce qui tiendrait dans dix articles ou 250 pages d’un livre, tout en restant dans le cadre d’une chanson populaire, pas d’un discours ou d’un manifeste, c’est impressionnant ! », souligne le chanteur. Il compare cette chanson à L’assassin assassiné, écrite en 1980 avec Jean-Loup Dabadie contre la peine de mort, se souvenant d’une lettre que lui avait envoyée alors Robert Badinter : « “Une chanson fait plus avancer une cause que dix discours ou 20 conférences”, me disait-il. »

Le rappeur Vincha et le bluesman Baptiste W. Hamon signent un cri de colère pour la terre, La rose et le bourdon, quand Didier Barbelivien salue, avec Mademoiselle, les enseignants de l’école républicaine. Marc Lavoine évoque dans Ma petite terre, les Antilles chères à Julien Clerc et Paul École capture dans Brexit, les regrets de la séparation. « La tristesse aristocratique/C’est avoir le cœur insulaire /Et c’est être un peu britannique / C’est pleurer sans en avoir l’air/ Pour un ex-amour, un Brexit / De l’autre côté de la mer ».

De Roda-Gil et Carla Bruni à Bernard Lavilliers

Carla Bruni livre Chaque, une très sensuelle ballade amoureuse. Amie de Julien Clerc, elle est aussi sa plus ancienne parolière depuis vingt ans, quand il l’a aidée à débuter dans la chanson après sa carrière de top model. « J’avais repéré en elle un très bon auteur et je revois ce dîner où je l’avais présentée à Roda-Gil qui avait été tout juste gentil. Il avait balancé quelques petites bombes dans la conversation comme ça, sur un ton aigre-doux. Il n’aimait pas que je travaille avec d’autres », sourit le chanteur.

Terrien, avec son double sens signé Bruno Guglielmi, propose un vertige pascalien : « T’es rien qu’un point dans l’univers/ Rien qu’une poussière de poussière/ T’es rien qu’une brindille sur les eaux… ». Julien Clerc accueille avec bonheur cette gravité nouvelle, chantant sans désespérance, de façon intimiste et humaniste à la fois. Il trouve ses plus beaux accents dans un titre cosigné avec Lavilliers. « C’est un après-midi d’automne/ Et que mon amour est touchante/ Posée près de moi, elle frissonne… » Dissemblables dans leurs styles mais contemporains, Julien Clerc et Bernard Lavilliers tous deux se sont trouvés pour cet élégiaque Automne, qui, avec pudeur, dit des mots d’amour.

la-croix.com

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