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Bosh

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L’année 2020 est décidément celle de la renaissance pour Bosh. Deux ans après sa première mixtape Dos Argenté et quelques galères, le rappeur du 78 est revenu en force au cours des dernières semaines. Que ce soit avec son premier album Synkinisi paru le 27 mars dernier ou son rôle percutant dans la série Validé de Franck Gastambide, le jeune artiste impressionne et gagne en notoriété au fil des semaines.

Mais derrière son rap hardcore et corrosif – dans la lignée des Kaaris, Siboy et autres Kalash Criminel – Bosh démontre à travers son premier effort une belle palette technique nourrie d’une variété de styles et d’émotions. Entretien avec un artiste en pleine ascension, tant musicale que cinématographique.

Konbini | Ola Ola Ola Bosh ! Ton confinement se passe bien ?

Bosh | Très bien. Je passe le temps comme je peux : je fais du sport, j’écris, je joue à la Play, je regarde des films… Dans l’ensemble ça va !

Tu viens de sortir ton nouvel album Synkinisi. Quels enseignements en tires-tu deux semaines après ?

Je suis très satisfait, j’ai eu que des bons retours pour le moment. Ça fait vraiment plaisir de voir que tout le travail qu’on a fait est enfin exposé. C’est un réel accomplissement.

On y retrouve finalement des morceaux assez variés. Dans quel registre tu te sens le plus à l’aise aujourd’hui ?

Je me sens à l’aise dans tous les styles, tous les registres. Synkinisi signifie émotions en grec, d’où mon envie de retranscrire la joie, la tristesse et la colère à travers ces sons.

Les gens me connaissaient surtout en tant que kickeur, alors que je me considère comme un artiste à part entière. C’était important pour moi de présenter toutes ces facettes dans l’album.

Tu incorpores plus de mélodie, tout en gardant une base très hardcore. T’as la sensation de progresser au niveau du chant ?

Je n’ai pas l’impression de fournir un effort particulier quand je chante, c’est plutôt normal chez moi. C’est quelque chose que je maîtrise. Maintenant, le but c’est d’aller plus loin et de progresser en chant, d’évoluer et de sortir de ma zone de confort. Kicker c’est bien mais ce n’est pas tout. C’est indispensable d’ajouter du chant. Ça permet justement de présenter plusieurs univers, plusieurs tableaux dans un album. C’est comme quand tu regardes un film : au début tout va bien, puis il y a l’intrigue et tout le cheminement pour arriver à la fin où tout s’arrange. On traverse plusieurs émotions, c’est varié. La musique, c’est pareil. C’est un esprit.

Comment tu t’imagines évoluer musicalement dans les années à venir ?

Comme tout artiste, j’aspire à évoluer positivement et me perfectionner. Mais mon style ne bougera pas, il y aura toujours des messages, du franc-parler et un côté street.

Tes morceaux sont plutôt bien calibrés. C’est un moyen pour toi de préserver l’intensité au maximum ?

Exactement. Après, la longueur des morceaux n’est jamais calculée, mais j’essaie de structurer au mieux mes titres pour que l’auditeur ressente au maximum ce que j’ai voulu partager.

Quelles ont été tes influences musicales dans ce style de rap hardcore ? 

Quand j’étais plus jeune, j’écoutais principalement du rap cainri : DMX, 50 Cent, Chief Keef, Gunna, Future… Je me suis vraiment tué au rap de Chicago. Aujourd’hui encore d’ailleurs.

Il y a un featuring avec SCH sur "Business". Comment ça s’est passé ? 

J’aime bien ce que fait SCH, son personnage et ce qu’il véhicule. J’ai d’abord commencé le titre seul et c’est après que j’ai pensé à lui. Le mood m’évoquait son univers : la sonorité de l’instru, la nonchalance du couplet… Je lui ai envoyé un DM et ça s’est fait naturellement. Une connexion humaine avant tout, c’est comme ça que je fonctionne.

On sait que les ventes et les streams sont affectés par le confinement. Tu es satisfait de tes chiffres ?

C’est vrai que ça a cassé la dynamique de la sortie. Surtout au niveau de la promo, le confinement est tombé la semaine où on devait tout enchaîner. Ça nous a freinés dans notre lancée. Après, depuis que l’album est sorti, je reçois que du positif donc je suis quand même satisfait. Je sais que le travail paie donc on aura tout le temps de se rattraper après le confinement.

On a pu te voir dans la série Validé. Comment s’est passé le tournage ?

C’était une super expérience, j’ai fait de bonnes rencontres, de bonnes connexions. Je me suis senti à l’aise sur le tournage.

Est-ce que tu seras dans la saison 2 ? 

Surprise…

Le personnage que tu campes te correspond bien ?

Oui, je trouve que Karnage me représente bien. Il a la hargne et l’envie de réussir. J’ai eu de la facilité à jouer ce rôle. Tellement que les gens pensent réellement que j’ai ce côté violent [rires]. Pour répondre à ça, je dirais que je suis gentil avec qui il faut l’être et nerveux avec qui il faut l’être.

Tu aimerais poursuivre dans le cinéma  ?

Bien sûr. C’est un domaine dans lequel j’aimerais bien perdurer. C’est vraiment enrichissant de rencontrer de nouvelles personnes dans ce milieu. C’est toujours bénéfique pour une carrière. Comme je dis dans "Business": "Braquer la brinks ou le monde du cinéma !"

Tu montrais déjà tes talents d’acteur avec les vidéos Dans le Kartier.

J’en garde que du positif. Ça m’a beaucoup aidé pour le cinéma et je ne serais pas là si je ne m’étais pas autant investi à l’époque. C’était de l’apprentissage. Je le vois comme une étape dans ma carrière qui m’a permis d’en arriver là aujourd’hui.

T’as senti l’impact médiatique de la série ?

J’ai gagné plein d’abonnés sur Instagram ! Le rôle de Karnage était un bon tremplin, ça m’a apporté plus de reconnaissance. Grâce à ça, les gens sont allés checker ce que je faisais et ça leur a plu, donc c’est lourd. Certains m’appellent même Karnage maintenant !

On t’a déjà vu bosser avec Hatik avant Validé.

J’ai toujours considéré Hatik comme un bon gars. C’est un mec du 78, on a des amis en commun, donc la force est partagée.

D’ailleurs, qu’est-ce que tu peux nous dire sur la scène rap du 78 ?

Il y a des vraies perles dans mon département. Énormément de gens très chauds. C’est juste qu’on manque encore d’exposition pour l’instant, mais ça va venir.

Quelles vont être tes ambitions dorénavant ?

Il s’est passé deux ans entre la sortie de ma mixtape Dos Argenté et Synkinisi. J’avais des galères à gérer qui m’ont fait mettre la musique de côté pendant un moment. Aujourd’hui, je suis de retour et pour de bon. Mon ambition est d’être plus régulier, d’envoyer plus de projets et de rendre toute la force que je reçois tous les jours du public. Et pourquoi pas créer mon propre label.

Pour finir, qu’est-ce que tu dis aux gens qui ne respectent pas le confinement ?

Ce virus, c’est quelque chose de sérieux. Il ne faut pas le prendre à la légère. Pensez à vos parents, vos grands-parents… Protégez votre entourage et les gens que vous aimez en restant chez vous. Force à nous.

Par Guillaume Narduzzi, publié le 24/04/2020 pour KONBINI

 



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